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Gouvernance des organisations et morale des affaires

Cahier n° 2016-1
Bernard Grand

Ce Cahier du LARJE n° 2016-1, rédigé conjointement par Bernard GRAND, professeur en sciences de gestion à l’Université de la Nouvelle-Calédonie et Philippe GRILL, Maître de Conférences à l’Université d’Aix-Marseille (GREQUAM, Aix Marseille School of Economics) aborde les relations entre l’éthique et la gouvernance des organisations.

La gouvernance étant définie comme l’ensemble des moyens permettant le contrôle des dirigeants, c’est au travers de la loi qu’elle sera analysée dans un premier temps. Cette analyse fait ressortir l’importance de la notion d’intérêt social dont le sens premier peut être compris de deux manières différentes. Si l’intérêt social est compris comme l’intérêt des propriétaires, alors le fondement philosophique de la gouvernance se retrouve dans les théories contractualistes et plus particulièrement dans celles qui légitiment le droit à la propriété (Hume, Locke…). Si l’intérêt social est celui de la firme, l’intérêt des actionnaires est associé à celui des différentes parties prenantes. Dans cette conception hétérodoxe, la gouvernance ne peut être guidée que par des dirigeants qui seraient impartiaux, maîtres d’eux-mêmes et bienveillants. Cet impératif nécessite une théorie des émotions rationnelles et les concepts de spectateur impartial et de sympathie, développés par Adam Smith, peuvent être considérés comme le soubassement moral de cette théorie des parties prenantes.