Le processus de transition constitutionnelle en Nouvelle-Calédonie en 2018


17-06-2018

Mathias Chauchat, Professeur de droit public, présentera le 24 juillet 2018 une communication intitulée “The on-going constitutional transition in New Caledonia in 2018” lors du 25th World Congress of Political Science (IPSA) qui se déroulera à Brisbane (Australie) du 21 au 25 juillet 2018 (http://wc2018.ipsa.org/events/congress/wc2018/home)

La Nouvelle-Calédonie s’apprête à voter en novembre 2018 sur l’accession du pays à la pleine souveraineté. Le processus de transition constitutionnelle est fortement encadré par l’Accord de Nouméa, qui a valeur constitutionnelle, et qui offre une triple garantie : Le corps électoral a été limité, mais fait l’objet encore de querelles d’interprétation. Trois référendums successifs peuvent être organisés sur une période longue, à la demande du tiers des membres du Congrès. Enfin, l’Accord de Nouméa offre de très fortes garanties d’irréversibilité constitutionnelle en cas de refus de l’accession à la pleine souveraineté. Il en va de la paix civile et de l’acceptabilité du référendum. Un éventuel vote négatif ne pourrait ainsi donner mandat à faire évoluer les institutions ; sauf modification constitutionnelle, toute proposition d’aménagement institutionnel relève du jour d’après l’accession à la pleine souveraineté.

Le débat sur des institutions adaptées au multiculturalisme calédonien est néanmoins d’ores et déjà ouvert (provincialisation, collégialité au gouvernement, clés financières de répartition, majorités renforcées, etc.). Le cas de la Nouvelle-Calédonie relève de l’étude des processus de transitions constitutionnelle dans les sociétés divisées et multiculturelles (travaux Yash Ghai HKU, Anthony Regan ANU, Michele Brandt Interpeace, par exemple), ainsi que des processus de décolonisation.

English abstract: In November 2018, New Caledonia will vote on the issue of full sovereignty for the country. The Noumea Agreement, which has constitutional value, strongly structures the constitutional transition process around three principles:

The electoral body is strictly limited to those who will have a special right to express their vote in the referendum deciding on independence. However, there are still disputes over its interpretation.

The Noumea Agreement envisages multiple referendums over a long period of time. This strange provision requires three successive referendums, if the previous one has failed. If a third of the members of Congress so request, a new vote will be held.

The Noumea Agreement includes an effective standstill provision. Until the process succeeds, the political system will remain unchanged “in its latest state”. The French Constitution defines this “irreversibility rule” as a constitutional principle. Unless the French Constitution is amended, a significant change in governance is impossible until the day after independence.

Nevertheless, a wide-ranging debate is now open on suitable institutions for a multicultural society (e.g. sharing the power on a regional basis, building collegial policy for the government, using automatic financial distribution keys, requiring enhanced majorities). The Caledonian case falls into studies of the constitutional and decolonization processes in divided and multicultural societies as analysed by eminent authors for example Yash Ghai HKU, Anthony Regan ANU, Michele Brandt Interpeace).