Mesurer et comprendre les inégalités et les discriminations


22-04-2019

Le département droit économie et gestion et le laboratoire de recherches juridique et économique, organisent le jeudi 24 et le vendredi 25 avril un atelier de travail, sous la direction de Mathieu Bunel,  ouvert à tous portant sur les mesures des inégalités et des discriminations.

Dominique Meurs, professeure des Universités à l’Université Paris Nanterre, Isabelle Lebon, professeur des Universités à l’Université Caen Normandie, Frédéric Chantreuil, maitre de conférences HDR en délégation à l’UNC et Elisabeth Tovar, maitresse de conférences à l’Université Paris Nanterre, proposeront quatre interventions sur des outils novateurs permettant de mieux appréhender les inégalités et les discriminations.

Plusieurs travaux réalisés par Isabelle Lebon, Frederic Chantreuil et leurs collègues du laboratoire CREM montrent qu’il est possible de mobiliser le concept de la valeur de Shapley, concept issu initialement de la théorie des jeux coopératifs, afin d’identifier et de quantifier les facteurs à l’origine des inégalités observées.

Ces deux chercheurs préciseront de quelle manière la valeur de Shapley offre de nouvelles opportunités à la fois théoriques et empiriques pour interpréter la décomposition des mesures d’inégalités (décomposition par sources de revenu, par sous-populations et par attributs). Ils montrent notamment que cette méthode s’étend aux mesures non additives d’inégalités.

L’application empirique exposée porte sur les rémunérations des agents issus des trois versants de la fonction publique : hospitalière, d’Etat et territoriale. La décomposition proposée permet de mettre en évidence l’existence d’un biais systématique en défaveur des femmes dans chacun de ces versants qui se décline également pour les trois catégories d’agents publics (A-B-C).

Le travail empirique exposé par Dominique Meurs prolonge cette réflexion en se focalisant sur le caractère dynamique des inégalités salariales entre les hommes et les femmes. Plus spécifiquement, elle précise les effets de l’avènement d’un choc ponctuel, la maternité, sur les trajectoires salariales.

La plupart des analyses empiriques existant sur le sujet se focalisent sur les effets de court terme d’un tel choc. Elles ne permettent pas de prendre la mesure de l’effet global et durable de cette source d’inégalités. L’approche évènementielle proposée par Dominique Meurs, mobilisant des données individuelles sur une longue période de temps, permet de préciser les effets de court et de long terme de la maternité sur les trajectoires salariales. Cette contribution permet de quantifier, pour la première fois sur données françaises, la contribution de la maternité aux inégalités salariales liées au genre.

Cet atelier s’achèvera par l’intervention d’Elisabeth Tovar dont les travaux permettent d’appréhender les positions normatives des individus à l’égard des inégalités et des comportements discriminatoires. Elle montre dans un premier temps de quelle manière la méthode du choix social expérimentale habituellement mobilisée pour étudier les opinions normatives des individus en théorie de la justice, peut être étendue à l’analyse des jugements individuels à l’égard de la discrimination.

Son travail souligne l’apport de la méthode des vignettes pour inciter les individus à révéler leurs préférences normatives. L’application empirique proposée permet de souligner l’instabilité des positions normatives des individus à l’égard des comportements discriminatoires. Elles montrent ainsi l’influence de différents facteurs clef telles la nature et les conséquences financières de ces discriminations ainsi que la présence de normes sociales.

Vous trouverez ici le programme des journées : Workshop_2019