Inclusive peace – Conférences publiques – Regards comparés pour la Kanaky et/ou Nouvelle-Calédonie


Depuis les accords de Matignon-Oudinot (1988), prolongés par l’accord de Nouméa (1998), la Nouvelle-Calédonie a connu une période de paix institutionnelle fondée sur un modèle de démocratie consociative visant à organiser le partage du pouvoir entre communautés. Initialement conçus comme un processus transitoire de décolonisation sur vingt ans, ces accords demeurent toutefois en vigueur aujourd’hui, révélant les limites et les tensions inhérentes à ce cadre institutionnel.

Les trois référendums d’autodétermination organisés entre 2018 et 2021 ont abouti à des majorités étroites en faveur du maintien au sein de la République française, tout en mettant en évidence une forte corrélation entre appartenances communautaires et préférences politiques. Loin d’avoir résorbé les clivages, ces consultations ont confirmé le caractère profondément divisé de la société calédonienne. Les violences survenues en mai 2024 à la suite du projet d’élargissement du corps électoral local ont par ailleurs marqué une rupture majeure, fragilisant durablement la confiance dans le processus de paix et la perspective d’un destin commun partagé.

Près de trente ans après l’accord de Nouméa, plusieurs enjeux structurels demeurent : la difficulté de construire un peuple politiquement uni, un système de gouvernance complexe et coûteux, un blocage institutionnel persistant en l’absence de consensus, ainsi qu’une relation profondément ambivalente avec l’État français. Dans ce contexte, la Kanaky et/ou Nouvelle-Calédonie se trouve confrontée à deux défis centraux, communs à de nombreuses sociétés dites « profondément divisées » : un défi interne de dépassement des clivages communautaires et un défi externe de redéfinition du lien à la puissance tutélaire et de la question de la souveraineté.

La journée de recherches et les conférences publiques (à Nouméa et Baco-Koné les 25 et 26 février 2026) se proposent d’interroger, dans une perspective comparée, les trajectoires possibles de gouvernance post-conflit et de résolution durable des conflits. Il s’agira notamment de discuter la pertinence et les limites des dispositifs consociatifs, d’envisager les conditions d’un éventuel retour à des formes de démocratie majoritaire, et d’examiner les enseignements tirés d’autres contextes comparables. Ce workshop réunira des intervenants internationaux spécialistes du droit comparé et du partage du pouvoir dans les sociétés divisées (Irlande du Nord, Bosnie-Herzégovine et Mindanao aux Philippines notamment).

L’objectif est de nourrir une réflexion académique collective sur les conditions politiques juridiques et sociales d’un avenir institutionnel et sociétal viable pour la Nouvelle Calédonie.

Vous trouverez ici le livre de présentation de l’évènement, puis les interventions publiques, accompagnées de leurs présentations PowerPoint.

Inclusive Peace Workshop_Booklet – ENG 5

Mathias CHAUCHAT : Leçon introductive de la situation politique en kanaky-Nouvelle-Calédonie : Du consociativisme de l’accord de Nouméa à la politique d’assimilation de « l’accord » de Bougival-Elysée-Oudinot

Inclusive peace MC version orale publique.pdf

Inclusive peace MC version publique presentation

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